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Santé: Pourquoi les boissons zero sucre ne font pas maigrir

Boisson zero sucre font-elles maigrir ?

Les boissons zero sucre ont la côte

Depuis trente ans, la consommation de sodas n’a fait que de croître, coïncidant ainsi avec l’augmentation du surpoids, de l’obésité, et de toutes les pathologies en découlant [1, 2]. Afin de limiter cette épidémie due à une ingestion trop élevée de calories, l’organisation mondiale de la santé recommande de réduire la consommation de sucres [3]. Une approche pour remédier à ce problème fût de remplacer les sucres contenus dans les boissons par des édulcorants au goût sucré qui elles ne contiennent pas ou très peu de calories pour un pouvoir sucrant surpassant jusqu’à 7000 fois celui du sucre (aspartame, sucralose, saccharine etc.) Ces boissons zero sucre prommettent de faire maigrir. 

Depuis, la part de marché qu’occupe les boissons « zéro calorie » n’a cessé de prendre de l’ampleur. Cependant, de nombreuses études ont observé que les personnes qui remplacent les boissons conventionnelles sucrés par des produits zero sucre ne maigrissent pas et auraient même plutôt tendance à prendre du poids [5-9]. Comment est-ce possible ? Certes, ces produits contiennent moins de calories, mais plusieurs éléments défavorables sont à prendre en compte. Les voici: 
PS: Cet article traite uniquement des boissons zero sucre. J’ai fait un article sur les aliments light (yogourt, pâtisseries et autres ici.

Raison #1 : Les édulcorants appellent le sucre !

L’ingestion de sucres donne un vrai sentiment de satiété car ton cerveau détecte les molécules de sucres et régule ainsi ta consommation de nourriture (pour autant que ces sucres ne soient pas mélangés à des graisses) [10]. En cas de « privation » de sucres par le biais d’édulcorants par exemple, la consommation des graisses (surtout des mauvaises : les acides gras saturés) risque d’augmenter et ce, de façon inconsciente, contribuant à une prise de poids [5, 11, 12]. Les scientifiques pensent que ceci est dû au fort pouvoir sucrant des édulcorants (jusqu’à 7000 fois supérieur au sucre) associé à leur absence de calories : le corps se sent trompé car il s’attendait à recevoir de l’énergie, ce qui n’est pas le cas avec les édulcorants, et réagit en ayant un plus grand appétit, une plus grande sensation de faim et une plus grande motivation à avaler des aliments riches en calories [4, 5, 13-17]. 

Raison #2: le métabolisme est réduit

La consommation soudaine de produits light au détriment des produits sucrés entraine un déficit d’énergie temporaire car le sucre est remplacé par des édulcorants contenant très peu de calories. Cependant, suite à cette baisse soudaine de calories, le métabolisme diminue également, ce qui signifie que le corps aura tendance à stocker d’avantage d’énergie plutôt que de la dépenser par thermogénèse par exemple. A long terme ceci entraine une prise de poids, comme observé dans de nombreuses études scientifiques sur les édulcorants [5, 7]. C’est aussi pour cette raison que la plupart des régimes amincissant très restrictifs en termes de calories ne fonctionnent pas. Le corps tourne « au ralenti » et épargne l’énergie plutôt que de la brûler.

Raison #3 : Ne sous-estime pas les calories

C’est humain, quand on consomme des produits  light, on surestiment les calories épargnées et on surcompenser, intentionnellement ou non, par d’autres aliments sucrés et gras (comme un fast-food par exemple), ce qui a finalement pour conséquence une plus grande ingestion de calories [18]. En résumé, consommer des boissons zero sucre plutôt que les sucrées pour se pardonner un fast–food ne va pas permettre de maigrir [5].

Raison #4: Danger pour la santé

De plus en plus d’études soulignent les effets néfastes de ces édulcorants sur la santé, en plus de ceux liés à la prise de poids et au diabète. En effet, une étude a publié que les résidus de ces molécules dans le corps peuvent provoquer des problèmes comportementaux (hyperactivité, schizophrénie), émotionnels (dépression, stress) et neurologiques (migraines, manque de concentration) chez les personnes plus sensibles [19]. Certaines études affirment même que ces molécules augmente la fréquence du cancer (lymphome et leucémie) [20]. De plus, une étude menée sur des rats laisse penser que l’ingestion d’aspartame pendant la grossesse augmenterait la masse graisseuse des nouveau-nés. [21].

Notre p’tit conseil

Tu l’as vu, les boissons zero sucre ne font pas maigrir. Les aliments avec des édulcorants ne sont pas plus sains que leurs homologues sucrés. Il serait également illusoire de croire qu’ils permettent de perdre de poids. De plus, les questions de sécurité alimentaire à propos des édulcorants ainsi que leurs effets sur le corps humain sont encore très controversés. Une boisson « zero calorie » ne sera jamais égale à de l’eau en termes de qualité nutritionnelle.Ceci ne veut pas non plus dire qu’un soda sucré est sain, car il est établi que leur consommation fréquente et à long terme augmente très fortement le risque de diabète et d’obésité [22].


Références :

1.            Popkin, B.M. and S.J. Nielsen, The sweetening of the world’s diet. Obesity Research, 2003. 11(11): p. 1325-1332.

2.            Dhingra, R., et al., Soft drink consumption and risk of developing cardiometabolic risk factors and the metabolic syndrome in middle-aged adults in the community. Circulation, 2007. 116(5): p. 480-488.

3.            Nishida, C., et al., The Joint WHO/FAO Expert Consultation on diet, nutrition and the prevention of chronic diseases: process, product and policy implications. Public Health Nutrition, 2004. 7(1a): p. 245-250.

4.            Mattes, R.D. and B.M. Popkin, Nonnutritive sweetener consumption in humans: effects on appetite and food intake and their putative mechanisms. American Journal of Clinical Nutrition, 2009. 89(1): p. 1-14.

5.            Fowler, S.P., et al., Fueling the obesity epidemic? Artificially sweetened beverage use and long-term weight gain. Obesity, 2008. 16(8): p. 1894-1900.

6.            Parker, D.R., et al., Dietary factors in relation to weight change among men and women from two southeastern New England communities. International Journal of Obesity, 1997. 21(2): p. 103-109.

7.            Stellman, S.D. and L. Garfinkel, Patterns of Artificial Sweetener Use and Weight Change in an American Cancer Society Prospective-Study. Appetite, 1988. 11: p. 85-91.

8.            Colditz, G.A., et al., Patterns of Weight Change and Their Relation to Diet in a Cohort of Healthy Women. American Journal of Clinical Nutrition, 1990. 51(6): p. 1100-1105.

9.            Blum, J.W., D.J. Jacobsen, and J.E. Donnelly, Beverage consumption patterns in elementary school aged children across a two-year period. Journal of the American College of Nutrition, 2005. 24(2): p. 93-98.

10.         Rolls, B.J., Carbohydrates, Fats, and Satiety. American Journal of Clinical Nutrition, 1995. 61(4): p. 960s-967s.

11.         Naismith, D.J. and C. Rhodes, Adjustment in Energy-Intake Following the Covert Removal of Sugar from the Diet. Journal of Human Nutrition and Dietetics, 1995. 8(3): p. 167-175.

12.         Raben, A., et al., Evidence for an Abnormal Postprandial Response to a High-Fat Meal in Women Predisposed to Obesity. American Journal of Physiology-Endocrinology and Metabolism, 1994. 267(4): p. E549-E559.

13.         Blundell, J.E. and A.J. Hill, Paradoxical Effects of an Intense Sweetener (Aspartame) on Appetite. Lancet, 1986. 1(8489): p. 1092-1093.

14.         Tordoff, M.G. and A.M. Alleva, Oral-Stimulation with Aspartame Increases Hunger. Physiology & Behavior, 1990. 47(3): p. 555-559.

15.         Rogers, P.J. and J.E. Blundell, Separating the Actions of Sweetness and Calories – Effects of Saccharin and Carbohydrates on Hunger and Food-Intake in Human-Subjects. Physiology & Behavior, 1989. 45(6): p. 1093-1099.

16.         Lavin, J.H., S.J. French, and N.W. Read, The effect of sucrose- and aspartame-sweetened drinks on energy intake, hunger and food choice of female, moderately restrained eaters. International Journal of Obesity, 1997. 21(1): p. 37-42.

17.         Mattes, R., Interaction between the energy content and sensory properties of foods. Synergy. Hampshire, United Kingdom: Intercept, Ltd, 1994: p. 39-51.

18.         Mattes, R., Effects of Aspartame and Sucrose on Hunger and Energy-Intake in Humans. Physiology & Behavior, 1990. 47(6): p. 1037-1044.

19.         Humphries, P., E. Pretorius, and H. Naude, Direct and indirect cellular effects of aspartame on the brain. European Journal of Clinical Nutrition, 2008. 62(4): p. 451-462.

20.         Soffritti, M., et al., Life-span exposure to low doses of aspartame beginning during prenatal life increases cancer effects in rats. Environmental Health Perspectives, 2007. 115(9): p. 1293-1297.

21.         Schainker, B. and J.W. Olney, Glutamate-Type Hypothalamic-Pituitary Syndrome in Mice Treated with Aspartate or Cysteate in Infancy. Journal of Neural Transmission, 1974. 35(3): p. 207-215.

22.         Kavey, R.E.W., How Sweet It Is: Sugar-Sweetened Beverage Consumption, Obesity, and Cardiovascular Risk in Childhood. Journal of the American Dietetic Association, 2010. 110(10): p. 1456-1460.

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A propos de Marie

Je suis diplômée d'un Master en Science alimentaires de l'EPFZ. Je suis passionnée de nutrition et de sport. Mon but est de t'informer des dernières études scientifiques en relation avec le sport et la nutrition.

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